Quel conte de fées imaginerait-on dans ce décor enchanteur ? Sûrement Raiponce. Avec sa tour de sept étages, Septmonts s’élève suffisamment pour permettre à la princesse d’étendre sa chevelure. Osez sortir des sentiers battus pour vous émerveiller devant le donjon de Septmonts dans l’Aisne.
Comme dans un conte de fées
Même quand on a l’âme d’un conteur, on peut rester sans voix devant la beauté du donjon de Septmonts. Victor Hugo lui-même en a fait l’expérience. Il dira à sa femme, qu’à deux lieues de Soissons, ce petit châtelet dans une charmante vallée a su l’enchanter. On imaginerait très bien Raiponce ou une autre princesse s’enfermer au sommet de la tour. Au loin, un dragon incontrôlable menacerait de son souffle ardent la tranquillité du lieu. L’ennemi réel de Septmonts semble plutôt être le temps qui l’a plusieurs fois défié. Le début de l’histoire du château de Septmonts remonte au XIIIe siècle. Sa construction s’étend jusqu’au XVIe siècle. À l’époque, il servait de résidence de campagne aux évêques de Soissons. C’est l’évêque Jacques de Bazoche qui imagine l’architecture militaire de l’édifice au XIIIe siècle. Vers 1370, Simon de Bucy, certes jeune évêque, ose entreprendre la reconstruction de la forteresse. Le donjon qui subsiste de nos jours date de cette époque. Haute de 47 mètres, la tour féodale affiche une architecture complexe et composite qui semble tout droit sortie d’un conte de fées.
Une tour féodale de sept étages
Septmonts, sept étages. Tel une pièce montée, chaque plan de l’édifice se superpose au précédent, ajoutant une couche différente à la construction. Jusqu’au troisième étage, on devine la silhouette d’un trèfle. Puis une tour circulaire prend le dessus et remet la cohérence de l’ensemble architectural en question. Le château est abandonné au XVIIIe siècle. Il tombe en ruines et menace de sombrer à jamais dans l’oubli. L’histoire aurait alors refermé le chapitre d’un conte de fées fascinant. Heureusement, Septmonts n’a pas dit son dernier mot. On dit qu’il faut tourner sept fois sa langue dans sa bouche pour ne pas faire d’erreur. Septmonts peut plutôt compter sur la cohésion de ses sept étages. Il faudra attendre les années 1970 pour que la commune rachète le site et le restaure. L’Association des amis de Septmonts protège et entretient le château depuis une cinquantaine d’années.
Dans le donjon de Septmonts
Septmonts a élu domicile au beau milieu d’un espace boisé. Pas de conte de fées sans sa forêt enchantée. Ni sans sa sorcière. Celle de Septmonts pourrait très bien se tapir dans l’ombre du donjon. Le premier donjon du château date du XIIIe siècle. C’est la salle Saint-Louis, reconvertie en salle d’accueil, qui en témoigne de nos jours. Le logis Renaissance est ajouté au XVIe siècle. Pendant la Première Guerre mondiale, des obus menacent la stabilité du bâtiment. Mais Septmonts a su rester debout et défier toutes les menaces qui ont tour à tour voulu transformer son cadre féerique en champ de ruines. Le château est aujourd’hui plus étincelant que jamais.